Créer une entreprise en Mauritanie en 2026 : le guide pratique pour les investisseurs étrangers

Guide pratique Talents Conseil

Créer une entreprise en Mauritanie peut constituer une étape stratégique pour une société étrangère souhaitant développer durablement ses activités dans le pays.

Mines, énergie, infrastructures, pêche, agriculture, services ou numérique : les transformations de l’économie mauritanienne créent de nouvelles opportunités pour les entreprises locales et internationales.

Mais avant de s’implanter, plusieurs questions se posent : quelle structure juridique choisir ? Quelles sont les démarches à effectuer ? Un investisseur étranger peut-il détenir son entreprise ? Comment obtenir les documents nécessaires ? Faut-il nécessairement créer une société pour commencer à prospecter le marché ?

Ce guide présente les principales étapes à connaître avant de créer une entreprise en Mauritanie.

Un investisseur étranger peut-il créer une entreprise en Mauritanie ?

Oui.

La Mauritanie accueille les investissements nationaux et internationaux et dispose d’un cadre juridique destiné à faciliter l’investissement privé.

Le pays a adopté en 2025 un nouveau Code des investissements – loi n°2025-006, qui renforce notamment le cadre applicable aux investisseurs.

Parmi les principes mis en avant par l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM) figurent notamment l’égalité de traitement entre investisseurs nationaux et étrangers, la protection des investissements et la possibilité, sous réserve de la réglementation applicable, de transférer capitaux, bénéfices et dividendes.

Certaines activités restent néanmoins soumises à des réglementations, autorisations ou licences spécifiques. Une vérification sectorielle est donc indispensable avant toute implantation.

Sources : APIM ; loi n°2025-006 portant Code des investissements.

Faut-il nécessairement créer une société ?

Pas nécessairement.

Avant de créer une structure permanente, une entreprise étrangère doit déterminer son objectif réel en Mauritanie.

Si l’objectif est simplement de :

  • comprendre le marché ;
  • identifier des clients potentiels ;
  • rencontrer des décideurs ;
  • rechercher un distributeur ;
  • identifier des partenaires ;
  • suivre certaines opportunités commerciales ;

il peut être plus pertinent de commencer par une mission de prospection ou une représentation locale.

Cette approche permet de tester le potentiel commercial avant d’engager les coûts et les responsabilités liés à une implantation permanente.

En revanche, lorsqu’une entreprise commence à signer régulièrement des contrats, recruter localement, réaliser des opérations permanentes ou investir dans des actifs, la création d’une structure locale peut devenir nécessaire ou stratégiquement pertinente.

Choisir la forme juridique adaptée

Le choix de la structure constitue l’une des premières décisions importantes.

La forme appropriée dépend notamment :

  • du nombre d’associés ;
  • du montant de l’investissement ;
  • de l’activité ;
  • des responsabilités souhaitées ;
  • du mode de gouvernance ;
  • de la présence ou non d’une société mère étrangère ;
  • des objectifs à long terme.

Parmi les formes couramment utilisées figurent notamment les structures à responsabilité limitée et les sociétés par actions, ainsi que différentes solutions permettant à une entreprise étrangère d’établir une présence locale.

Avant de choisir, il est recommandé d’obtenir un conseil juridique et fiscal adapté à la situation particulière de l’investisseur.

Préparer le projet d’entreprise

Avant de commencer les démarches administratives, l’investisseur doit définir précisément son projet.

Il convient notamment de déterminer :

  • la dénomination de l’entreprise ;
  • l’activité envisagée ;
  • l’identité des associés ou actionnaires ;
  • la répartition du capital ;
  • les dirigeants ;
  • l’adresse du siège social ;
  • la structure juridique ;
  • les éventuelles autorisations sectorielles nécessaires.

Pour une société étrangère souhaitant créer une filiale ou une autre structure locale, des documents relatifs à la société mère peuvent également être nécessaires.

Les documents étrangers peuvent, selon leur nature et leur pays d’origine, nécessiter traduction, légalisation ou autres formalités d’authentification.

Vérifier et enregistrer la dénomination de l’entreprise

La future entreprise doit disposer d’une dénomination permettant de l’identifier juridiquement.

Avant l’immatriculation, il convient donc de vérifier la disponibilité du nom envisagé et de respecter la procédure applicable à son enregistrement.

Il est conseillé de préparer plusieurs alternatives afin d’éviter qu’une indisponibilité du premier choix ne retarde la procédure.

Préparer les documents constitutifs

La création de la société nécessite ensuite la préparation des documents juridiques correspondant à la structure retenue.

Selon le type de société et la situation des associés, le dossier peut notamment comprendre :

  • pièces d’identité des associés et dirigeants ;
  • statuts ;
  • justificatifs relatifs au siège ;
  • informations sur le capital ;
  • documents relatifs aux représentants légaux ;
  • documents de la société mère lorsqu’il s’agit d’un investissement réalisé par une entreprise étrangère.

La liste exacte doit être vérifiée au moment du dépôt du dossier.

Immatriculer l’entreprise

L’immatriculation permet à l’entreprise d’obtenir son existence juridique et les identifiants nécessaires à l’exercice de son activité.

La Mauritanie a engagé ces dernières années une modernisation de ses procédures de création d’entreprise.

L’APIM joue notamment un rôle important dans l’accompagnement des investisseurs et les formalités liées à l’investissement.

La digitalisation progressive des services administratifs constitue également un élément important de cette évolution.

Source : Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM).

Obtenir les identifiants fiscaux et administratifs

Une fois constituée, l’entreprise doit être correctement enregistrée auprès des administrations compétentes.

Selon sa situation, elle devra notamment disposer des identifiants fiscaux et administratifs nécessaires à :

  • la facturation ;
  • la déclaration et au paiement des impôts ;
  • l’emploi de salariés ;
  • certaines opérations bancaires ;
  • les opérations d’importation ou d’exportation ;
  • les relations avec les administrations.

Les obligations dépendent de l’activité, de la forme juridique et du régime fiscal applicable.

Ouvrir un compte bancaire professionnel

Une entreprise opérant durablement en Mauritanie aura généralement besoin d’un compte bancaire professionnel.

Les banques demanderont différents documents relatifs à la société et à ses bénéficiaires effectifs.

Pour une entreprise détenue par une société étrangère, des documents complémentaires relatifs à la société mère et à la structure de propriété peuvent être demandés dans le cadre des procédures de conformité bancaire.

Les délais peuvent varier selon la banque, l’actionnariat, l’activité et la complexité du dossier.

Il est donc préférable d’anticiper cette étape.

Vérifier les licences et autorisations sectorielles

L’immatriculation d’une société ne signifie pas nécessairement qu’elle peut immédiatement exercer toutes les activités.

Certains secteurs sont soumis à des règles spécifiques.

Cela peut notamment concerner :

  • mines ;
  • hydrocarbures ;
  • énergie ;
  • télécommunications ;
  • finance ;
  • assurance ;
  • santé ;
  • transport ;
  • importation de certains produits ;
  • activités réglementées.

Avant d’investir, l’entreprise doit donc identifier précisément les licences, agréments ou autorisations nécessaires à son activité.

Comprendre la fiscalité

La fiscalité constitue naturellement un élément essentiel de toute décision d’implantation.

Une entreprise peut être concernée par différents impôts, taxes et contributions selon son activité et sa situation.

Avant la création, il est recommandé d’analyser notamment :

  • la fiscalité des bénéfices ;
  • la TVA ;
  • les retenues à la source ;
  • les droits de douane ;
  • la fiscalité applicable aux salariés ;
  • les cotisations sociales ;
  • les règles concernant les transactions internationales ;
  • les conventions fiscales éventuellement applicables.

Les règles pouvant évoluer et certaines opérations nécessitant une analyse particulière, il est fortement recommandé de consulter un professionnel du droit ou de la fiscalité mauritanienne.

Recruter des salariés en Mauritanie

Lorsqu’une entreprise commence ses opérations, elle peut avoir besoin de constituer une équipe locale.

Il convient alors de respecter la législation applicable en matière de :

  • contrats de travail ;
  • rémunération ;
  • durée du travail ;
  • congés ;
  • cotisations sociales ;
  • déclarations administratives ;
  • santé et sécurité ;
  • rupture du contrat.

Pour les collaborateurs étrangers, des règles supplémentaires peuvent s’appliquer en matière de visa, de séjour et d’autorisation de travail.

L’entreprise doit donc anticiper ses besoins en ressources humaines dès la phase d’implantation.

Le nouveau Code des investissements

Le Code des investissements de 2025 constitue une évolution importante du cadre applicable aux investisseurs.

Selon l’APIM, différents régimes peuvent permettre à des projets remplissant certaines conditions de bénéficier d’incitations et de garanties.

L’éligibilité dépend notamment de la nature du projet, de sa localisation, de son importance et du cadre réglementaire applicable.

Un investisseur ne doit donc pas considérer les avantages fiscaux ou douaniers comme automatiques.

Ils doivent être étudiés avant la réalisation de l’investissement et, lorsque nécessaire, faire l’objet des démarches appropriées auprès des autorités compétentes.

Sources : APIM – Incentives and Guarantees ; loi n°2025-006 portant Code des investissements.

Combien de temps faut-il pour créer une entreprise ?

Il est tentant de donner un délai unique, mais cela peut être trompeur.

Le délai réel dépend notamment :

  • de la structure choisie ;
  • de la qualité du dossier ;
  • de la disponibilité des documents ;
  • de l’actionnariat étranger éventuel ;
  • des procédures bancaires ;
  • des licences nécessaires ;
  • du secteur d’activité.

La procédure administrative d’immatriculation peut être relativement rapide lorsque le dossier est complet, mais une implantation opérationnelle complète peut nécessiter davantage de temps.

Il faut donc distinguer la création juridique de la société de la capacité à démarrer effectivement l’activité.

Les erreurs à éviter

Plusieurs erreurs peuvent ralentir ou fragiliser un projet d’implantation.

1. Créer une société avant d’avoir testé le marché

Une implantation permanente représente des coûts et des obligations. Pour certaines entreprises, commencer par une étude de marché ou une représentation commerciale est plus pertinent.

2. Choisir un partenaire uniquement sur recommandation

Une recommandation ne remplace pas une due diligence. Il est important de vérifier l’expérience, la réputation et les capacités réelles du partenaire.

3. Sous-estimer les autorisations sectorielles

Une société peut être juridiquement constituée sans disposer encore des autorisations nécessaires à son activité.

4. Négliger la fiscalité

La structure juridique doit être réfléchie en tenant compte de ses conséquences fiscales et financières.

5. Piloter le marché uniquement depuis l’étranger

La présence sur le terrain facilite généralement la compréhension du marché, la création de relations et le suivi des opportunités.

Création immédiate ou représentation locale : quelle stratégie choisir ?

Pour une entreprise étrangère, deux approches principales peuvent être envisagées.

Option 1 – Créer immédiatement une entreprise en Mauritanie

Cette solution peut être pertinente lorsqu’un marché est déjà identifié, que des contrats sont en préparation, que des salariés doivent être recrutés ou qu’un investissement local important est prévu.

Option 2 – Tester d’abord le marché

L’entreprise peut commencer par une représentation commerciale locale afin de :

  • identifier les clients ;
  • rencontrer les décideurs ;
  • rechercher des partenaires ;
  • suivre les appels d’offres ;
  • développer un pipeline commercial.

Une fois le potentiel confirmé, elle peut ensuite décider de créer sa propre structure.

Pour de nombreuses PME internationales, cette deuxième approche permet de limiter le risque initial.

Checklist avant de créer votre entreprise en Mauritanie

Avant de commencer les démarches, posez-vous les questions suivantes :

  • Votre marché a-t-il été étudié ?
  • Avez-vous identifié vos premiers clients potentiels ?
  • Avez-vous choisi la structure juridique appropriée ?
  • Les implications fiscales ont-elles été analysées ?
  • Votre activité nécessite-t-elle une licence ?
  • Disposez-vous d’une adresse professionnelle ?
  • Les documents des associés sont-ils disponibles ?
  • Avez-vous identifié une banque ?
  • Avez-vous défini votre stratégie de recrutement ?
  • Avez-vous vérifié votre éventuelle éligibilité aux dispositifs du Code des investissements ?
  • Avez-vous effectué une due diligence sur vos partenaires ?
  • Avez-vous réellement besoin d’une société immédiatement ou une représentation locale suffit-elle pour commencer ?

Comment Talents Conseil peut accompagner votre implantation

Créer juridiquement une entreprise n’est qu’une partie d’un projet d’implantation.

Le véritable enjeu consiste ensuite à développer l’activité.

Talents Conseil accompagne les entreprises internationales dans leur développement en Mauritanie à travers notamment :

  • l’analyse du marché ;
  • la stratégie d’entrée ;
  • l’identification de partenaires ;
  • la représentation locale ;
  • la prospection commerciale ;
  • le développement commercial ;
  • la mise en relation avec les acteurs locaux.

Notre objectif est d’aider les entreprises à comprendre le marché, construire leur réseau et développer leurs premières opportunités avant et pendant leur implantation.

Vous envisagez de créer ou développer une entreprise en Mauritanie ? Parlons de votre projet.

Sources et références

  1. Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM) – informations destinées aux investisseurs, procédures et environnement des affaires.
  2. APIM – Incentives and Guarantees – dispositifs et garanties prévus pour les investisseurs.
  3. République Islamique de Mauritanie – Loi n°2025-006 portant Code des investissements.
  4. APIM – informations relatives à la digitalisation des services aux investisseurs et à la création d’entreprise.
  5. Direction Générale des Impôts de Mauritanie – réglementation fiscale applicable aux entreprises.

Avertissement

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal, comptable ou financier. Les procédures, documents requis, délais, régimes fiscaux et réglementations peuvent évoluer et varier selon l’activité et la situation de l’investisseur. Avant toute création d’entreprise, Talents Conseil recommande de vérifier les informations auprès de l’APIM, des administrations compétentes et, lorsque nécessaire, de consulter un professionnel du droit, de la fiscalité ou de la comptabilité en Mauritanie.

Talents Conseil – Votre partenaire local pour développer vos activités en Mauritanie.

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